--- Page 1 --- ABBAYE DE MAREDSOUS I Septembre 1939 2023-06-02/59 Bien Cher Père Prieur, Je reçois votre lettre du 28 dernier. Je m'empresse d'y tépondre. Tout d'abord ici (malgré) tout nous sommes en retraite) les départs des mobilisés se suggèdent de jour en jour; 20 pour le moment ont rejoint l'armée, et d'autres s'étiennent prèts à partir, car l'atmosphère a plutôt la tendance à se gâter. A la grâce de Dieu! I- Ce que vous me dites confidentiellement du P. Maur m'a beaucoup étonné et contristé; vous avez raison de ne voir qu'une tentation dans cette velléité de changer de régime. Il est regrettable à certain point de vue que je n'aie pu voir le cher Père; je lui aurais certainement parlé dans le sens où vous m'écrivez. Désirez vous que je lui écrive? J'ai toute confiance en vous et dans les motifs que vous pourriez mettre en avant pour désillusionner le bon Père. Sa place est sans conteste à Glenstal, et le manque de recueillement dont peut être il souffre plus que tout autre, fait partie des sacrifices inhérants à toutes fondations, le Bon Dieu lui donnera une compensation abondante en échange du dévouement qu'il multiplie dans l'exercice des charges qui lui sont confiées. Je suis peu partisant d'une retraite ad experimentum. 2- Pour D. Daniel, veillez à ce qu'un inventaire soit fait de ses outils et machines. Provisoirement je ne vois que D. Winoc susceptible de remplir les fonctions que le P. D. déserte. Ne comptez pas actuellement sur le P. Laurent, car ce dernier vient de voir sa démission refusée et ne peut donc quitter la Belgique pour le moment. 3- Professeur de français. Faites comme vous l'entendez, et en votre nom personnel; quoique vous n'ayez pas à vous faire d'illusion sur les possibilités du Mont César, surtout en ces temps-ci. 4- Très bien pour la question de la philosophie. J'ai vu D. Ildephonse, c'est bien ainsi que nous considerions l'établissements des cours à Glenstal, du moins pour cette année ci; tâchez de raviver par quelques bonnes répétitions les matières qu'ils ont vues un peu hâtivement peut être et d'une manière indigeste au cours de cette année. --- Page 2 --- 5- Pour la théologie, je m'arrangerai avec D. Isidore et ferai appel aux lumières de D. Bauduin pour ce qui est encore à voir par les intéressés. N.B. Je ne rejette nullement un cours de science, si toutefois le P. Beda avait le courage d'en donner ne fusse que quelques bribes, mais je ne me fais aucune illusion sur ce point..... Item pour le grec aux plus doués (je ne sais si vous en avaz qui ont fait du grec), de nouveau, oui, le P. Beda est tout indiqué, mais je crois inutile de tenter l'aventure. L'activité pratique, du P. Beda utilisable efficacement et immédiatement pour la marche du Prieuré, restera toujours une énigme insoluble; le Père est trop individualiste et ne comprend pas le cénobitisme avec son organisation salutaire. Le monastère est en paix, grâces à Dieu; les conférences de retraite sont un peu trop longues, \frac{1}{4} d'heure au minimum, on sent trop le professeur qui ne lâche pas un point de la théorie. Malgré la retraite je fais afficher un résumé des évènements, afin de détendre les nerfs et'éviter les parlotes. Chez Desclée on commence à être inquiet touchant le mariage, item chez Harmel; mais qu'est-ce que cela au milieu de tant de sacrifices. Jusqu'à présent les PP. Prieur, Wandrille, Remacle, Remy, Marcel, Basile, Cyrille, Godefreid, Bernard, Jean, Cyprien, Ambroise, Denys, Chrysostome, F. Ludovic, les FF. Convers Joseph, Georges, Lambert, Nicolas, Christophe, nous ont quittés... à quand les autres? Malgré on espère encore, quoique les cartes soient bien brouillées. Je vous laisse, grâces à Dieu je tiens assez bien le coup, le système digestif n'est toutefois pas très brillant. Félicitez encore le Cher P. Matthieu, et quant à vous je vous souhaite bon courage; je vous remercie cordialement de l'effort que vous déployez pour tenir le coup au milieu de tous vos ennuis; j'ai bon espoir que le Bon Dieu qui nous a toujours ménagé son secours saura comme à son habitude faire surgir le secours et la consolation du milieu de la faiblesse. Je vous bénis tous très affectueusement; en union de prières. H. Clerton flue! Egnach Hang 3