--- Page 1 --- 2023-11-02/911 1 DE FRATRIBUS LAĪCIS Le chapitre général de 1946 a pris 10 décisions concernant les frères laĪcs. Je me permets de poser des questions sur : 1° les décisions 2 et 3 : la décision 3 dit que la rénovation des voeux de ces frères se fera en latin ; mais la décision 2 , qui dit que la profession triennale suivra le même cérémonial que pour les frères de choeur, ne stipule pas explicitement que la charte de profession sera également redigée el latin. quoiqu'il en soit , est-il souhaitable que l'idiome de cette charte soit le même que pour les moines , ou bien qu'il soit plus intelligible pour cette catégorie de profès ? 2° la décision 8 : « Dans les Déclarations et Constitutions , les frères laĪcs gardent le nom que leur donne le Droit Cenon ( c.a.d. Je suppose : « frères convers » ) , mais en langue vulgaire ( donc aussi dans la traduction des Déclarations et Constitutions ) et dans l'usage courant , on les appelle « frères » tout court . » Je me permets d'observer : a/ quand on a deux espèces dans un même genre , il faut pour chacune une différence spécifique . Parmi les « frères » (genre ) les uns ont comme différence spécifique : « de choeur ». Les autres n'en ont plus. Cela crée dans la traduction des Constitutions et Déclarations des manques de clarté , et cela oblige à fraduire « fratres chori et conversi » par : « les frères de choeur et les « autres » frères ». Ce « autre » est plutôt comique. Pourquoi ne donner à ces frères aucun déterminatif ? Parce qu'on n'en a pas trouvé pour remplacer « convers » ? b/ Mais précisément, pourquoi bannir le mot « convers » ? Est-ce parce qu'il suppose que le frère a été dans le monde un grand pécheur, et qu'il a eu besoin de « conversion » au sens vulgaire --- Page 2 --- 2 du mot ? Or, notre Congrégation a reconnu (mieux que d'autres! ) que « conversus » n'a pas de rapport avec « conversio » mais avec « conversatio ». Nous faisons voeu de «conversatio morum » c'est- à-dire ( comme le traduisait la charte de progession dans les der- nières années ) de «vie cénobitique », de « vie commune ». Le frère convers est un laïc admis à partager la vie commune des moines. Le terme de convers désigne un nommeur bien plutôt qu'il n'implique une honte. Si nous avons rétabli le terme « conversatio », pourquoi ne pas réhabiliter le terme « conversus » ? On dàra : les séculiers conserveront malgré tout une signifi- cation péjorative pour le terme de « convers » - et cela nous fera perdre des vocations. Est-ce bien sur ? Est-ce que la disparition du mot « convers » nous a fait gagner des vocations pendant ces 4 années d'essai ? c/ D'ailleurs, le mot « convers » a-t-il disparu en fait de l'usage courant ? que nous dit l'expérience de ces 4 années ? N'a-t-elle pas prouvé que pour la clarté du langage, nous avions besoin d'un qualificatif, et qu'on n'en a pas trouvé d'autre ? N'entend-on pas couramment encore dire au chapitre des coulpes - sans que personne ne s'en étonne ou s'en froisse : « Les frères convers peuvent se retirer » ? 3/ La décision 9 : « Dans le costume, la seule différence sera la cappe des frères, la coulle des moines ». Cette différence ne concerne que le costume choral : hors du choeur il n'y a plus aucune différence. La tonsure ne suffit pas : son absence chez plusieurs moines ne signifie pas qu'ils soient convers. Or, les séculiers ou les moines étrangers désirent savoir s'ils ont affaire à un « père » ou un « frère » (convers). --- Page 3 --- 3 Les pères ne désirent pas être pris pour des frères, ni les frères pour des pères, - ce qui arrive tous les jours. Il faudrait donc que dans le costume, hors du choeur, il reste un signe quelconque auquel on puisse au premier coup d'oeil distinguer les deux catégories. Si les « frères » trouvent cela humiliant, c'est qu'ils n'ont pas le minimum d'humilité indispensable à toute vocation religieuse. - En résumé, il serait souhaitable : 1° que la charte des « frères » reste en langue vulgaire 2° que l'on conserve la dénomination de « frères convers » 3° que dans le costume des moines et des frères, il y ait un détail toujours visible auquel on reconnaisse la différence des deux catégories au premier coup d'oeil. fr. Anselme Veys, O.S.B. Abbaye de St-André,