--- Page 1 --- C O P I E OPACTWO O.O. BENEDYKTYNOW TYNIEC. POCZTA SKAWINA Ce 22.8.50. Benedicite Révérendissime Père Abbé Président, Ayant reçu notification de la prochaine session du Chapitre Général de la Congrégation, je me permets humblement de présenter aux membres du Chapitre Général, par votre entremise, les suggestions suivantes : 1° - Ne pourrait-on pas remenir aux enciennes traditions monastiques et admettre des moines non prêtres à côté de ceux revêtus du sacerdoce ? Ces moines non prêtres auraient les voeux solennels, ils pourraient aussi, si on le juge utile, et s'ils en ont le désir et les possibilités, avoir les ordres mineurs, par ex. le lectorat, exorcistat etc.., et même le sous-diaconat ou le diaconat mais non la prêtrase. Par là on mettrait en pleine valeur la grandeur et beauté de la profession et du genre de vie monastique, aujourd'hui quelque peu relégués au second plan par le sacerdoce qui est le couronnement obligatoire de la réception à la profession. Il me semble que cels soulignerait aussi la dignité de la personne humaine, si bafouée de nos temps, en lui permettant un développement harmonieux dans différentes formes de vie (sacerdoce, profession, ordres mineurs etc.) dans l'unité toutefois d'un même idéal et au sein d'une même famille monastique. N'est-ce pas là la pensée de saint Benoît qui accueillait dans son monastère des gens de toute condition et même le Goth simple d'esprit, et qui soumettait même le moine prêtre à la discipline monastique, pour lui primordiele, hormis les fonctions de l'autel ? 2° - Dans ce même ordre d'idées, il me semble qu'on pourrait unifier davantage les membres du monastère en donnant aux frères la ..... --- Page 2 --- 2. profession scientifique, sans l'obligation du brévisire. Ce qui fait l'unité d'un groupement, sa cohésion et le bon esprit qui y règne, c'est le fait de se donner ensemble à une même têche, non seulement en vivant dans même idéal, mais aussi en travailant ensemble, en prenant une part plus grande à la vie du groupe. Et à ce point de vue les frères ne sont pas privilégiés. Ce n'est pas le fait de faire des travaux de vasselle qui leur donnera le sentiment d'être utiles à leur famille religieuse, mais bien plutôt d'autre emplois comportant plus de responsabilité. Et pareillement, pourquoi ne pourraient-ils pas avoir part à l'élection de l'Abbé puisqu'il est aussi bien leur supérieur et père que celui des moines, et pourquoi ne leur donnerait-on pas une voix lorsqu'il s'agit d'admettre les novices (ceux du choeur comme ceux des frères) à la profession ? Je pense que de cette façon ils ne seraient pas seulement considérés comme des "carissima familiae membra" comme le disent nos Constitutions, mais qu'ils le seraient en réalité, ce qui vaut quand même mieux. Et cela leur donnerait une plus grande estime de leur vocation. Voilà, Révérendissime Père Abbé Président, quelques pensées que j'ai cru utile de vous présenter, ayant uniquement en vue le bien général de la Congrégation et le bien des êmes. Et d'après les Constitutions je me remets à votre jguement pour savoir s'il faut ou non les soumettre sux ébats du Chapitre. Je vous prie, Révérendissime Père Abbé Président, d'agréer l'expression des mes sentiments respectueux et entièrement dévoués. (s) D. Maur Cajbel, O.S.B., moine de Tyniec.